24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 10:55

 

La Côte d’Ivoire compte une diaspora d’environ 130673 personnes répartie sur une cinquante de pays d’après une communication en Conseil de Ministre du 14 juin 2002, 60% dans les pays d’Afrique (et du golfe) et 40% dans les pays de l’OCDE (France, Italie, Espagne) et Etats-Unis, la France en tête. En Afrique, le milieu de la décennie 80 marque un regain de croissance importante des flux de transferts formels sous l’effet conjugué de la restructuration du système bancaire, la conjoncture économique puis l’implantation de structures des transferts comme Western Union et Money Gram et de Coinstar aux côtés de la Poste

Les flux de transferts internationaux ouest africains reçus en Côte d’Ivoire par le canal des sociétés de transfert spécialisées sont estimés à plus de 160 millions de dollars US en 2006 (Banque Mondiale 2005) et 290769,074 millions de FCFA des STA (Société de Transfert d’Argent) et 368292,9 millions de FCFA pour l’ensemble des Banques exerçant en Côte d’Ivoire en 2007 venant de la zone UEMOA (BCEAO 2007) soit plus de deux (2) fois l’Aide Publique au développement et 1,74 fois l’Investissement Direct Etranger (IDE) dirigé vers la Côte d’Ivoire ou 7,58% du budget de la loi de finances 2008. Ils ont été multipliés par 7 en moins de 15 ans. Les canaux officiels utilisés par les migrants ivoiriens ont été regroupés par les canaux de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), mais elle ne fait pas un éventail de ses transferts par pays (données synchronisées pour les pays de la zone UMOA).

En effet, à partir de la balance de paiement de 1963 à 2006, il apparait que l'évolution des transferts de revenus des salariés suite à une approche analytique (rubrique rémunération des salariés). Au cours des premières années de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, les débits (les revenus sortants de la Côte d'Ivoire pour la sous région ouest africaine) étaient plus élevés que les crédits (les montants entrants en Côte d'ivoire).Après les années 80, la tendance s'est inversée jusqu'à  l’exercice de 2000 pour les transferts de fonds exécutés par le canal de la banque centrale. En moyenne les transferts effectués s'élèvent pour les débits à 3807 millions de FCFA contre 24101 millions de FCFA pour le crédit .Cependant, les transferts entre Etats membres de la BCEAO soulignent un effet positif entre transferts et migration.

 

 

Comparativement aux transferts envoyés et reçus de la Côte d’Ivoire, les transferts d’argent envoyés par les immigrés résidents en côte d’Ivoire va croissant de 1975 pour atteindre sont niveau le plus élevé en 1980 avec un envoi de 786 millions de dollars US, cela est du à conjoncture favorable qu’offrait la Côte d’Ivoire à cette époque.

Après le Boom économique ivoirien de 1975 à 1980, le pays est entré dans des programmes d’ajustement structurel, suivi d’une instabilité politique qui a provoqué une baisse considérable des transferts ne dépassant pas la barre des 500 millions de dollars US.

 

Contrairement aux transferts reçus de la part des émigrés ivoiriens, elle va croissante depuis 1975, mais les transferts financiers sont d’autant plus significatifs que la dévaluation du franc CFA intervenue en janvier 1994 a contribué à les rendre encore plus importantes. Avec la diversification des modes de transfert, on assiste à l’amorce d’un processus de formalisation. Il est important de relever que les transferts n’excèdent pas la barre des 200 millions de dollars US.

 

Cet accroissement fulgurant des flux peut être attribué à la multiplication des points de services bancaires résultant de l’augmentation du nombre de banques franchisées avec des sociétés de transfert et de la stratégie d’implantation de points de services mixtes ou exclusivement dédiés aux transferts. Pour certaines banques, l’activité de transfert rapide permet de rentabiliser l’implantation de nouvelles agences en banlieue de la Côte d’Ivoire et de toucher une nouvelle clientèle dans un contexte de concurrence accrue.

 

Mais, elle a généré aussi de nombreux emplois dans le secteur de transferts d’argent, en 2006, l’emploi était de 397, en 2007 le volume de l’emploi est de 542, en liaison avec de 145 nouveaux emplois (+ 36,5%), suite à l’ouverture de plusieurs guichets.

 

 

Patrick Kouassi

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commentaires

Latifa 12/11/2010


Bonjour Patrick et merci pour cet historique des transferts d’argent en Côte d’Ivoire.

Le processus électoral actuel laisse entrevoir une stabilité politique, condition de la stabilité des flux de transfert au bénéfice du développement.

Comme vous le rappelez dans votre article, les transferts d’argent ont de nombreux effets positifs : au-delà du soutien direct aux bénéficiaires, ils permettent une création d’emplois par le
soutien à la consommation.

Mais, les transferts d’argent doivent aussi être mis au service de l’investissement productif. De nombreuses initiatives vont dans ce sens, pour que l’argent transféré soit investi dans des projets
initiés dans les pays d’origine. C’est à cet effet que le site http://www.envoidargent.fr propose un onglet « Projets » pour chacun des 21 pays couverts par le comparateur de coûts d’envoi.

Pour la Côte d’Ivoire, cette page http://www.envoidargent.fr/projets_pays/423 vous permettra d’en savoir plus sur les projets que la diaspora ivoirienne peut financer.

Latifa pour l’équipe éditoriale Envoi d’argent


Latifa pour Envoi d'argent 16/11/2010


Effectivement Patrick, un problème de structuration de la diaspora et des mécanismes de réglementation des fonds peut ralentir l’investissement productif. Les diasporas cherchent à pallier ce
problème en se regroupant au sein d’associations ou de forums. En France, le FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations) est un des plus importants avec la
concentration de plus de 700 Organisations de Solidarité internationale issues de l’Immigration (OSIM) http://www.envoidargent.fr/content/forim

Connaissez-vous le Forim ?

Par ailleurs, l’investissement productif est aussi ralenti par le fait que les montants transférés sont souvent destinés à des consommations immédiates, venant compenserle manque de revenus des
familles restées au pays. L’épargne et l’investissement se heurtent à cette consommation de subsistance, que le faible taux de bancarisation des pays de l'UEMOA (et plus généralement des pays du
Sud) vient renforcer.


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